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Anne n'avait guère dormi ces derniers jours, et sa fatigue se faisait ressentir dans la qualité de son travail. Elle savait qu'elle aurait du appeler sa mère le jour où celle-ci lui avait laisser un message, car il lui avait été impossible de la joindre depuis. Elle était trop occupée durant ces pauses pour le faire, et en soirée, une foi rentrée chez elle, elle tombait constamment sur son répondeur.
Aujourd'hui était un jour important à l'OTAN, car une grande conférence s'y tenait pour permettre aux diplomates iraniens de s'expliquer concernant les problèmes de la construction d'armes nucléaires, et l'interdiction d'accès des inspecteurs de l'agence internationale de l'énergie atomique à leurs installations de Téhéran. Le travail d'interprétariat de Anne devait donc être impeccable. La jeune femme se versa donc une double ration de café avant de se rendre à son lieu de travail. Elle y retrouva son amie Déborah à l'entrée, comme à son habitude.
-Alors ma belle, comment ça va aujourd'hui ? lui demanda son amie. Ouille, tu à l'air bien soucieuse. C'est encore ta mère ?
-Oui. Tu te rends compte, impossible de la joindre depuis 3 jours ! A croire qu'elle n'est jamais chez elle en soirée !
-Si tu veux tu n'auras cas tenter de l'appeler aujourd'hui durant un heure de pause ?
-Je ne sais, pas j'ai une traduction à remettre...
-J'irai la portée pour toi, il n'y a pas de problèmes !
-Merci Déborah ! Tu es vraiment un ange !
-Je sais... Un petit café pour commencer la journée ?
-Très bien !
Les deux jeunes femmes se rendirent donc à la machine à café tout en papotant, et en évoquant évidement les dernières nouvelles et les derniers potins. Elles se séparèrent ensuite pour se rendre chacune à la réunion pour laquelle elles interprétaient.
-On se retrouve un peu avant 10h00 ? demanda Déborah.
-Oui pas de problème !
-Comme ça on aura quelques minutes pour papoter avant cette importante réunion !
-D'accord.
Elles se séparèrent et commencèrent ainsi leur journée de travail.
Durant sa pause, Anne profita du conseil de Déborah et appela sa mère avant de rejoindre son amie.
« Bonjour. Vous êtes bien chez Diane et William Hillington. Nous ne sommes pas disponibles pour le moment, veuillez donc laisser un message après le bip. Merci »
La jeune femme raccrocha, plutôt déçue, et pris le temps d'aller déposer sa traduction avant de rejoindre Déborah.
-Tu tires une de ses têtes Anne, quelque chose c'est passé en réunion ?
-Non, non, j'ai juste suivit ton conseil et j'ai tenter d'appeler ma mère, mais je suis à nouveau tombé sur son répondeur.
-Tu sais peut-être qu'elle est partie en vacances pour quelques jours !
-Ce serait un peut ironique de m'appeler en ce qui concerne la mort de mon père, un jour avant qu'elle ne parte en vacance.
-Je sais, mais de la façon dont tu me parlais d'elle, ça semble être son genre...
-Oui, tu as peut-être raison.
-Enfin soit, n'y pense plus. On se voit ce week-end de toute façon, avec Patrick et Pierre.
-Oui, cette foi, c'est nous qui fournissons le champagne, j'insiste !
-Très bien !
Les deux jeunes femmes s'enthousiasmèrent donc de la petite soirée qu'elles allaient passer ensemble durant le week-end, avant de devoir se séparer à nouveau pour rejoindre leur cabine d'interprétariat.
-On se retrouve à la fin de la journée ! lui fit Déborah.
-Oui, à tantôt !
Anne entra donc dans sa cabine et salua les quelques collègues présent qui tout comme elle travaillait pour l'Angleterre. Elle déposa son sac et ses dossiers avant de prendre son casque qu'elle mis sur ses oreilles et d'allumer son micro. Elle vit la salle se remplir petit à petit avec des diplomates de nombreux pays différents. Lorsque la réunion commença, elle se concentra et fit son travail à la perfection. Ils évoquèrent d'abord l'interdiction d'accès des inspecteurs de l'AIEA qui avait déjà été discuté aux Nations Unies à New York, mais la conférence se tourna notamment sur les centrifugeuses nucléaires, dont l'Iran avait démenti l'installation. Les diplomates purent s'exprimer sur ce sujet et tenter de convaincre l'assemblée, mais rien ne changea l'opinion des diplomates à condamné la fabrication d'armes nucléaires en Iran. Le problème se pose toujours car attaquer l'Iran aboutirait à une catastrophe et risquerait d'inciter Téhéran à mettre au point une bombe atomique.
Anne rentra épuisée de sa journée chez elle, et fut heureuse de trouver son mari entrain de faire la cuisine.
-Bonsoir ma chérie ! lui dit Patrick en la voyant arrivée.
Anne se dirigea vers lui et déposa un tendre baiser sur ses lèvres.
-Olala, tu as l'air exténuée. Dure journée aujourd'hui ?
-Oui, effectivement, on a eu une grosse réunion qui se tenait à l'OTAN, tu sais, concernant tous ces problèmes avec l'Iran...
Patrick acquiesça et proposa à Anne d'aller se relaxer dans un bon bain chaud avant de passer à table. Il ne posait jamais trop de questions concernant les importantes réunions pour lesquels sa femme interprétait, car il savait que les réponses resteraient très vagues. Anne était tenue de garder toutes informations pour elle, tout ce qui se disait en salle de réunion, restait en salle de réunion, excepté ce que les diplomates acceptaient de livrer à la presse. Les interprètes étaient donc tenus à ce secret professionnel. Cela embarrassait souvent la jeune femme de ne pouvoir évoquer honnêtement son travail avec son époux, mais Patrick avait accepter cette situation et la respectait.
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